JEUDI 7 MARS - Création cinématographique

Création cinématographique - Filmer le geste sportif


  • Matinée

9h30 / CINÉ-CONFÉRENCE

Une histoire du documentaire de sport

Sport et cinéma sont deux « faits sociaux » historiquement et intimement liés. Ils naissent et s’institutionnalisent à la même époque, dans la seconde moitié du XIXe siècle, et résultent chacun d’une passion collective nouvelle dans le monde occidental capitaliste : la mesure du corps humain. Cette conférence permettra de poser les principales strates qui ont structuré le documentaire de sport comme un genre élémentaire et protéiforme dans l’histoire du cinéma.
 
Par Thomas Choury, diplômé de l’IEP de Lyon et de la Fémis. Il collabore au sein de plusieurs structures festivalières (Semaine de la critique, ACID, Cinéma du Réel). Il publie régulièrement des textes critiques (Critikat, Trois Couleurs) et prépare un projet de thèse en recherche-création : Éclats du direct sportif : dispositifs et convergences d’une esthétique audiovisuelle.
 

10h45 / DISCUSSION CROISÉE

Gestes sportifs et expérimentations cinématographiques

Dialogue entre trois artistes autour de leurs tentatives de représentation de disciplines sportives, du 16 mm à la 3D.

Avec Marion Lasserre, artiste nouveaux médias spécialisée dans la recherche et la spéculation, évolue dans le domaine du « phygital » : elle traduit les données en expériences sensorielles qui prennent la forme de récits, de films et d’installations. Elle travaille actuellement sur Décorps, un film expérimental en 3D qui dévoile les connexions entre arts martiaux et mathématiques, dans le cadre de la résidence d’artistes Depuis les tribunes, commande du CNAP – Centre national des arts plastiques, en partenariat avec l’Archipel des Lucioles.
Après des études d’anthropologie, Frédérique Menant s’oriente vers le cinéma documentaire de création puis s’empare du support argentique super 8 et 16 mm. Elle intègre l’Etna, puis l’Abominable, deux laboratoires d’artistes au sein desquels elle réalise des formes courtes à caractère poétique. À la croisée de pratiques artistiques qui s’enrichissent, elle explore l’énergie fugace des mouvements qui nous traversent et nous animent.
Valentin Pinet, diplômé de l’École d’Art d’Annecy Alpes, des Beaux-Arts de Paris et de l’École de documentaire de création de Lussas. Il investit des territoires sur le long terme et s’en imprègne pour construire des films dans lesquels les habitant.e.s deviennent personnages. Aujourd’hui, ses films sont principalement réalisés dans la Drôme où il a cofondé Image fracas, une association de cinéma local.
 
Animée par Thomas Choury, chercheur spécialisé en sport et cinéma.
 

12h15 / WORK IN PROGRESS

Échange avec Laïs Decaster sur son film en cours, DES FILLES ET DU JUDO

« Dans ce documentaire, je m’intéresse à des judokates de haut niveau à l’âge où celles-ci vivent leurs premières grandes amitiés et histoires d’amour. Je mêle à ce récit mes propres souvenirs du judo que j’ai pratiqué pendant de nombreuses années. J’ai vécu cette période du judo intensément : plus rien ne comptait à part mes entraînements, les compétitions et mes amies du club. À vingt ans, j’ai fini par arrêter. J’étais épuisée, je voulais retrouver « une vie normale ». Je cherche donc à comprendre comment les judokates d’aujourd’hui, celles qui ont eu la force, l’envie de poursuivre, arrivent à vivre comme des jeunes femmes de leur âge, malgré les sacrifices que demande le haut niveau. »
 
Laïs Decaster, réalisatrice, a grandi à Argenteuil. À l’issue de son master 2 réalisation à Paris 8, elle réalise son premier documentaire, J’suis pas malheureuse, chronique de ses jeunes années et portrait d’un groupe de filles. Elle tourne ensuite des courts métrages autoproduits : Elles allaient danser en 2020 puis Soirée mousse en 2021. En 2023, elle réalise Une histoire de plage, soutenu au titre de l’Aide au film court en Seine‑Saint-Denis. Elle développe actuellement, avec Lorca Productions, Des filles et du judo, un long‑métrage documentaire soutenu par le CNC et la SCAM.